
Enfants soldats une réalité noire
300 000 enfants dans 44 pays de la planète, dont certains n'ont pas plus de 8 ans, participent directement aux conflits. Ils sont soldats ou porteurs contraints de travailler. Certains autres ont appris à tuer et à torturer.
Chair à canon dans les conflits armés, les enfants-soldats sont aussi démineurs, espions, porteurs, esclaves sexuels…
Estimation du nombre d'enfants
victimes de conflits armés durant la dernière décennie :
(Afghanistan, Tchétchènie, Irak, Somalie, Cambodge, Rwanda, Haïti, Bosnie...)
· Tués : 2 millions
· Gravement blessés ou mutilés à vie : 6 millions
· Sans abri : 12 millions
· Orphelins ou séparés de leurs familles : plus de 1 millions
· Traumatisés psychologiquement : 10 millions
Dans certains pays, en Afrique en particulier, des enfants, le plus souvent orphelins ou séparés de leur famille, sont enrôlés de force dans l'armée ou dans des bandes qui luttent contre les gouvernements au pouvoir. En Angola, par exemple, ils étaient ainsi 3000 à avoir reçu, dès l'âge de 10 ans, un uniforme, des bottes et une mitraillette. Placés en première ligne lors des attaques, mais souvent livrés à eux-mêmes lors des replis, ces garçons ont participé à plusieurs batailles, ont connu la faim et la peur et se souviennent d'avoir tué des soldats ennemis pour se défendre.
Beaucoup d'entre eux sont morts.
Mohammed, Éthiopien de 17 ans, enrôlé de force à 15 ans, se souvient d'une terrible bataille de la guerre contre l'Érythrée en 1999. ''Ils ont mis tous ceux de 15 et 16 ans sur le front, pendant que l'armée se repliait. J'étais avec 40 autres enfants. Je me suis battu pendant 24 heures. Quand j'ai vu qu'il n'y avait plus que trois de mes amis de vivants, je me suis enfui vers l'arrière.''
Les enfants-soldats sont fréquemment drogués pour devenir insensibles à la peur et à la violence: un ancien rebelle de Sierra Leone, âgé de 14 ans, explique que ceux qui refusaient la drogue étaient abattus.
« La bataille n’en finissait pas. On nous a dit de tuer les gens en les forçant à rester chez eux pendant que nous mettions le feu à leur maison. On a même dû enterrer des gens vivants. Un jour, un ami et moi avons été forcés par notre commandant de tuer une famille, de découper leurs cadavres et de les manger. Après la bataille, j’ai décidé de m’enfuir et j’ai couru dans la forêt. Mais à Freetown des soldats m’ont découvert, m’ont ramené dans le campement. Ils m’ont emprisonné et m’ont battu tous les jours. » Fokey, ancien enfant-soldat du Sierra Leone.
Source www.droitsenfant.com/guerre.htm
|
|