
Contes et légendes
Touriste, à vos gardes ...La Bretagne est terre de chemins creux, de landes et de tourbières où les nuits de pleine lune, d’improbables mais angoissants fantômes ressurgissent d’une Baie des Trépassés, où sonne encore le clocher de la Ville d’Ys....
Ni la mort, que l'on appelle en Bretagne "l'Ankou" . L'Ankou circule la nuit, debout sur un chariot dont les essieux grincent.
Ce funèbre convoi est le "karrig an Ankou", char de l'Ankou (ou "Karriguel an Ankou" littéralement brouette de l'Ankou), remplacé par le "Bag nez", bateau de nuit dans les régions du littoral.
L’Ankou a reculé mais pas toutes les croyances : le chien noir -figure terrifiante d'un curé du siècle dernier-, Agrippa, un livre grâce auquel on peut se métamorphoser ou envoûter, et d'autres croyances ont encore cours...Elles tissent un magnifique roman oral que les Bretons se transmettent de génération en génération...
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| Le mythe d'Arthur, de la Table Ronde et du Graal
Merlin, conseiller du roi use de sa magie pour que naisse Arthur, futur roi de grande et petite Bretagne. Après avoir extrait l'épée Excalibur de son fourreau de pierre, Arthur fonde la Table Ronde et lance ses chevaliers dans l'aventure du Graal.
Après avoir unifié son royaume, Arthur épouse Guenièvre, fille du roi Léodegan de Carmélide et crée la fraternité de la Table Ronde, autour de laquelle se réunit le meilleur de la chevalerie. Les preux chevaliers partagent leur vie entre la cour d'Arthur et la solitude sur les chemins périlleux de l'aventure. Ils font promesse de ne se dérober à aucun des dangers ou des enchantements qui se présentent à eux.
La plus fascinante de leurs aventures s'ordonne autour de la Quête du Graal, une coupe sacrée et mystérieuse porteuse de tous les bienfaits du monde. De cette coupe, on a souvent prétendu qu'elle avait recueilli le sang du Christ. Mais la civilisation chrétienne, dans son approche ésotérique, ne saurait se prévaloir d'aucune paternité sur un symbolisme que l'on retrouve tant en Occident (sous sa forme celtique) qu'en Orient.
La quête du Graal
Parmi les chevaliers qui partirent à sa recherche, on trouve Gauvain, Perceval et surtout le Breton continental Lancelot du Lac, ainsi nommé parce qu'il a été élevé par Viviane, fée des eaux et Dame du Lac. La passion de Lancelot, pourtant le meilleur des chevaliers, pour la reine Gueniève, le rend indigne de trouver le Graal. Perceval, son écuyer, apercevra la lumière du Graal mais ne saura pas poser la question qui aurait permis d'en percer le secret. Galaad, le fils de Lancelot, en aura la révélation, mais il en mourra.
Au chateau de Comper
Au coeur de la Forêt de Brocéliande, dans un site chargé d'histoire et de légendes, au Château de Comper, se trouve aujourd'hui le centre de l'Imaginaire Arthurien. Un lieu magique où, par une volonté de quelques passionnés, vit encore la légende d'Arthur. Le centre s'est donné pour vocation d'honorer les oeuvres modernes ou anciennes consacrées au légendaire de la Table Ronde et d'en favoriser la diffusion auprès du public. Le Château de Comper, en Brocéliande, est aujourd'hui un lieu de mémoire extraordinaire, un réservoir d'images et de références indispensables, un endroit où la présence des aventuriers du Graal semble presque réelle.
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Comorre, le Barbe-bleue breton
C'est peut-être bien en Bretagne qu'a pris naissance la fameuse histoire de Barbe-bleue au VIe siècle.
Comorre était un redoutable seigneur dont le château pourrait se situer dans la forêt de Carnoët près de Quimperlé (Finistère). On lui comptait déjà six épouses assassinées de ses propres mains lorsqu'il demanda en mariage la fille de Varoch, comte de Vannes, la douce Triphine.
Une prophétie prétendant qu'il mourrait tué par son fils; il prenait les devants en faisant passer de vie à trépas ses épouses dès qu'elles étaient enceintes. N'ayant pas osé s'opposer à ce puissant seigneur, le comte de Vannes organisa la cérémonie du mariage avec la bénédiction de saint Gildas.
La tête tranchée
Les premiers mois se déroulèrent sans nuages jusqu'au jour où Comorre surprit, au retour d'un long périple, sa jeune femme brodant de la layette. Au cours de sa fuite, elle mit au monde le petit Trémeur. Mais le terrible seigneur réussit à la rattraper et lui trancha la tête. Trémeur fut alors recueilli par saint Gildas qui, volant au secours de Triphine, la ressuscita également. On raconte que saint Gildas lança alors une pluie de pierres sur la forteresse de Comorre qui, tel un château de cartes, s'effondra sur son monstrueux seigneur.
Selon la version en cours à la chapelle Saint-Trémeur, de Bubry (Morbihan), c'est seulement une fois décapitée par Comorre et ressuscitée par saint Gildas, que Triphine donna naissance à Trémeur.
Elevé au monastère de Saint-Gildas-de-Rhuys, l'enfant se retrouva un jour face à son père qui s'empressa de le décapiter. Ce serait, par la suite, des chevaliers alliés au comte de Vannes qui auraient eu raison des jours du Tyran.
Variante au Guilvinec
On raconte ici que Comorre vécut dans le manoir de Kergoz avec son fils Trémeur et son épouse Triphine. Celle-ci, malheureuse, souffrait du comportement brutal de son mari. Une sorte de malédiction voulait qu'elle pâtit de la sorte tant que son époux n'aurait pas trouvé son maître. Trémeur décida donc de battre son père à la " soule ", un jeu de ballon. Il y parvient si bien au cours d'une partie que le terrible seigneur s'effondra de fatigue.
Néanmoins, après avoir repris suffisamment de forces, il rattrapa Trémeur et, de rage, lui trancha la tête. Pas " démonté " pour autant, ce dernier ramassa sa tête et la glissa sous son bras. C'est alors que Comorre rendit son âme au diable. On dit que Trémeur continua à jouer à la soule et que, ces jours-là, il laissait sa tête au manoir pour être plus libre de ses mouvements. Une chapelle lui fut dédiée. On peut l'y voir représenté, tenant sa tête décapitée (d'après un extrait de la Revue Dialogue n° 16 et n° 17).
On peut contempler également une belle statue de Trémeur portant sa tête décapitée sous le bras, dans une niche du grand portail flamboyant de l'église de Carhaix-Plouguer (Finistère), dédiée également à Saint Trémeur.
La chapelle Sainte-Triphine, à Pontivy (Morbihan) rappelle aussi le martyre de cette sainte, au fil de neuf tableaux peints sur les lambris.
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