| L''école Malienne,
Nous sommes tous responsables de cette tragédie, c'est-à-dire la mort de l'école publique, de manière directe ou indirecte. Qu'on le veuille ou non, c'est l'avenir de chacun qui est en jeu : celui de nos cadets, de nos enfants et du Mali tout entier qui est atteint et gravement menacé. L'éducation des enfants est devenue un vrai bisness. Nous assistons à la création anarchique des écoles privées aux coûts exorbitants. Elles prolifèrent sur toute l'étendue de la nation.
Par ailleurs, l'école publique, quant à elle, s'érige en école des pauvres. Elle a tout le mal du monde à remplir sa mission. Elle est incessamment malade du sureffectif, malade du manque d'enseignants qualifiés. C'est une vraie catastrophe. De la rentrée scolaire au début de l'hivernage, tout le monde se demande quelle sera la couleur de l'année scolaire : blanche ou noire.
Les grèves se multiplient à longueur d'année : si ce ne sont pas les élèves, ce sont les enseignants. La corruption s'est taillée une place dans les cours d'établissement. La profondeur de la crise est telle, que les élèves ne respectent plus leurs professeurs.
L'Etat, de son côté, dans toute son impuissance, fait semblant de respecter et d'appliquer les conventions des droits de l'enfant pour se donner bonne conscience. C'est finalement du « daga bon dala », c'est-à-dire construire des écoles flambant neuves où les élèves n'étudient qu'à mi-temps, où les professeurs n'ont ni les moyens de donner des cours faute de matériel, ni les salaires suffisants pour vivre décemment.
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